Chaque année, l’Organisation
météorologique mondiale (OMM) et la communauté météorologique tout entière
célèbrent
Un an après
cette réorganisation, c’est-à-dire en 1951, l’OMM est devenue une institution
spécialisée du système des Nations Unies. De nos jours, elle regroupe un nombre
beaucoup plus élevé de Membres
(188 pays et territoires Membres) et a en outre élargi sa mission de
manière à prendre en compte les questions relatives à l’eau et à
l’environnement.
Comme la
tradition veut désormais que la célébration annuelle de
Depuis des
siècles, les êtres humains ont assez bien appris à s’adapter aux incidences du
temps et du climat en harmonisant leur habitat, leur production alimentaire et
énergétique et leur style de vie avec les conditions climatiques et
environnementales. Toutefois, ces dernières décennies, la croissance
démographique, l’utilisation accrue d’énergie et le développement industriel
ont contribué à augmenter les émissions de gaz et de particules qui peuvent
avoir et ont effectivement une incidence sur la santé. De fait, la dégradation
de la qualité de l’air a amplifié ou même causé de nombreuses affections
(asthme, cardiopathies, cancers du poumon, etc.). De plus, par ses effets
dommageables sur les végétaux, les cultures et les écosystèmes, la pollution
atmosphérique influe sur l’économie mondiale, la sécurité alimentaire et
hydrique et le développement durable.
Il est
intéressant de rappeler qu’Hippocrate (460-377 av. J.-C.), considéré par
beaucoup comme le «père de la médecine», a rejeté la superstition au profit de
l’observation scientifique, classé les maladies et établi un certain nombre de
normes morales et professionnelles qui restent toujours valables. En
particulier, son ouvrage du Ve siècle av. J.-C. intitulé «Airs, eaux, lieux» étudie
les effets du climat, de l’approvisionnement en eau et des particularités
régionales sur la santé et compare les conditions de vie géophysiques en Europe
et en Asie. À l’époque d’Hippocrate, on pensait généralement qu’il n’y avait
que quatre éléments (la terre, l’air, le feu et l’eau), avec leurs qualités
correspondantes (le froid, le sec, le chaud et l’humide). La présence de ces
éléments dans le corps humain en proportions égales et aux endroits appropriés
garantissait un bon état de santé, alors que leur déséquilibre était à
l’origine des maladies. De nos jours, nous savons que la présence dans
l’atmosphère de gaz à l’état de traces et de particules a une incidence
significative sur le climat, le temps et la qualité de l’air.
Les
météorologistes, les climatologues et les spécialistes de la chimie de
l’atmosphère concourent actuellement à l’atténuation des effets du temps, du
climat et de la qualité de l’air que nous respirons en renforçant leur
collaboration, afin de pouvoir fournir aux professionnels de la santé et aux
spécialistes de l’environnement des prévisions et des analyses de la
répartition, de la concentration et du transport des gaz et des particules dans
l’atmosphère.
Dès les
années 50, l’OMM a joué un rôle de pionnier dans la coordination des
observations et des analyses relatives à la composition de l’atmosphère.
Actuellement, les réseaux mondiaux de stations in situ et de télédétection au sol, de ballons-sondes,
d’aéronefs et de satellites permettent de recueillir en permanence des informations
sur les gaz à effet de serre, les aérosols et l’ozone, en plus des paramètres
météorologiques et hydrologiques habituels. Tout cela a contribué à améliorer
notre compréhension des variations de la composition chimique de l’atmosphère
et a constitué le fondement scientifique de nos connaissances présentes au
sujet des effets du temps et du climat sur la qualité de l’air et,
réciproquement, de ceux des constituants de l’air sur le temps et le climat.
On retrouve de
nombreux exemples de cette action novatrice de l’OMM dans les études
scientifiques lancées à l’occasion des années polaires et géophysiques
internationales, par le biais des activités des Services
météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) des Membres de
l’Organisation et en collaboration avec d’autres organisations internationales.
À cet égard, l’OMM a participé activement aux efforts déployés sur le plan
international pour effectuer des mesures des variations de la teneur de
l’atmosphère terrestre en polluants tels que l’ozone troposphérique, le smog,
les matières particulaires, le dioxyde de soufre et le monoxyde de carbone,
dont la plupart résultent directement de la combustion industrielle, urbaine et
automobile des combustibles fossiles. Elle a également joué un rôle fondateur
dans la mise en œuvre des trois grandes conventions internationales se
rapportant à la composition de l’atmosphère, à savoir
Nombre de polluants atmosphériques
engendrés par la révolution industrielle sont aussi à l’origine d’autres
changements climatiques dont nous ressentons actuellement les effets et qui
débordent du cadre de la variabilité naturelle imputable aux seuls facteurs
d’ordre astronomique et géophysique. Le Groupe
d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) coparrainé
par l’OMM, qui a reçu le prestigieux prix Nobel de la
paix en
Le vent, la
pluie, la neige, la lumière solaire et la température peuvent avoir des effets
variables sur le transport et la persistance des polluants atmosphériques. La
chaleur urbaine peut piéger les polluants, alors que la pluie et la neige ont
tendance à les faire migrer de l’atmosphère vers le sol et les océans. Les
scientifiques peuvent tirer parti des modèles météorologiques pour évaluer les
phénomènes de pollution atmosphérique et en prévoir l’évolution. De ce fait,
des prévisions de la qualité de l’air fiables et diffusées en temps opportun
peuvent contribuer à protéger les personnes et les biens et compléter utilement
les prévisions météorologiques plus classiques.
Alors que
l’élaboration de prévisions de la qualité de l’air à l’échelle régionale s’est
beaucoup améliorée ces 30 dernières années, leur diffusion en temps voulu
aux collectivités locales constitue encore souvent un défi. Les SMHN sont
cependant de plus en plus nombreux à diffuser de telles prévisions, et nombre
d’entre eux fournissent également un large éventail d’indices et de bulletins
relatifs à la qualité de l’air, fondés par exemple sur des systèmes à codage
couleur. Comme le mode de diffusion de ces bulletins varie considérablement
d’une région à l’autre, l’OMM favorise les activités de formation afin d’optimiser
l’efficacité de ces produits et leurs avantages sociétaux.
Ces produits
n’ont jamais été aussi indispensables. L’Organisation mondiale de la santé
(OMS) a estimé que la pollution de l’air causait la mort prématurée de deux
millions de personne en moyenne chaque année. Même des concentrations
relativement faibles d’ozone, de particules et autres polluants connexes
peuvent avoir des effets marqués sur les personnes souffrant de troubles
respiratoires ou cardiaques, en particulier dans les pays en développement. De
ce fait, les prévisions relatives à la qualité de l’air sont un moyen d’alerte
précoce essentiel et contribuent à atténuer les dangers liés aux polluants
atmosphériques.
Compte tenu du
développement effréné des mégapoles, de plus en plus de personnes souffrent de
la pollution urbaine. La moitié environ de la population mondiale se trouve
dans des grandes villes dont beaucoup sont dépourvues de tout système de
surveillance de la qualité de l’air, spécialement dans les pays en
développement. De ce fait, la mobilisation des ressources et l’élaboration des
politiques nécessaires pour surveiller et maîtriser la pollution atmosphérique
dans ces pays posent un défi accru.
En plus de
coordonner la prévision de la qualité de l’air, l’OMM favorise la recherche sur
la pollution atmosphérique. Les particules en suspension (les aérosols) jouent
un rôle essentiel dans la détermination de l’absorption ou de la réflexion de
la chaleur par la surface du globe, les nuages et l’atmosphère ainsi que dans
la formation de ces nuages et le déclenchement des précipitations. Bien que la
pluie élimine la plus grande partie des aérosols de la basse atmosphère en
quelques jours, certaines particules peuvent persister pendant de plus longues
périodes dans les masses d’air sec et la haute atmosphère, avec des effets
variés. En conséquence, l’étude des aérosols est devenue un domaine de
recherche majeur et sera l’une des principales composantes de la prochaine
génération de modèles de prévision du climat et du temps.
La qualité de
l’air est aussi déterminante pour ce qui est de la teneur en sable et en
poussière, qui réduisent la visibilité, endommagent les cultures et influent
sur le climat au plan local. Faire face aux problèmes particuliers que posent
les tempêtes de sable et de poussière est l’un des principaux objectifs du Système
d’annonce et d’évaluation des tempêtes de sable et de poussière de l’OMM,
qui facilite l’élaboration de prévisions spécifiques connexes et l’exécution
d’activités de recherche et d’évaluation concernant les effets de ces tempêtes.
Plusieurs Membres et organisations partenaires de l’OMM prennent part aux
activités de recherche et de prévision opérationnelle concernant ces phénomènes
dangereux, dont les effets se font particulièrement sentir en Afrique du Nord,
en Asie et en Amérique du Nord.
De plus, les
SMHN des Membres de l’OMM et certaines de ses organisations partenaires jouent
un rôle clé dans la surveillance et la gestion des situations d’éco-urgence. De
telles situations (déversements accidentels de produits chimiques industriels,
éruptions volcaniques, maladies à transmission aérienne, accidents de centrale
nucléaire, etc.) donnent souvent lieu au rejet de substances dangereuses, dont
la dispersion et la propagation ultérieures peuvent être prévues par les
météorologistes. De ce point de vue, le Programme
d’intervention en cas d’urgence de l’OMM facilite la modélisation numérique
des contaminants atmosphériques par un réseau de
centres météorologiques régionaux spécialisés de l’OMM, en coopération avec
l’OMS, l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Organisation de
l’aviation civile internationale et d’autres partenaires.
Grâce à leurs
programmes relatifs à la qualité de l’air, l’OMM et les SMHN de ses Membres
sensibilisent l’opinion aux liens étroits qui unissent le temps, le climat et
l’air que nous respirons en fournissant des informations particulièrement
fiables et pertinentes aux décideurs et au grand public. Il s’agit là d’une
démarche qui nécessite la coopération de nombreuses communautés et de nombreux
secteurs et dont la portée sera mise en lumière cette année à l’occasion de la
troisième Conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Genève du
31 août au 4 septembre.
Dans le cadre
de cet effort crucial, les SMHN continueront de donner l’orientation générale
en matière de protection de la santé et de l’environnement. Je suis persuadé
que le thème de